La nature en révolution
Une histoire environnementale de la France, 1780-1870 (vol.1)
Jean-Baptiste Fressoz,
François Jarrige, Thomas Le Roux, Corinne Marache, Julien
Vincent
La Découverte, 2025
Une histoire environnementale de la France est une entreprise
d'envergure avec trois tomes publiés, les deux autres étant :
- 1871-1940. Les Natures de la République (Pierre Cornu,
Stéphane Frioux, Annaël Marrec, Charles-François Mathis,
Antonin Plarier)
- de 1940 à nos jours. Les Natures du productivisme
(Renaud Bécot,
Christophe Bonneuil,
Gabrielle Bouleau)
Plusieurs auteurs ont été invités sur France Culture.
- Introduction
- 1. L'empreinte matérielle de la France
- 2. Naissance de l'écologie républicaine, 1789-1800
- Territoire, nature, monnaie, p. 57
- [...] assignat, « grande découverte, comparable à celle de
la boussole et de l'imprimerie ».
La supériorité de cette monnaie républicaine sur toutes les autres
vient de ce qu'elle n'est pas en elle-même une marchandise,
comme la monnaie métallique, mais qu'elle est réduite à sa
fonction de signe, un signe qui n'est pas payable en argent comme
aux États-Unis d'Amérique, mais seulement en terres.
- L'écologie de l'ennemi, p. 81
- Selon [Jacques-Antoine Mourgue, directeur de la Société royale
des sciences de Montpellier], la Grande-Bretagne est une nation
contre nature, un pays hors-sol dont la « dette publique monte
à une somme plus forte que la vente totale de son fond de terre ».
- 3. La nature en France. Religion, philosophie, économie politique
- p. 85
- Il est courant de présenter la nation, en France, comme une
construction artificielle issue de la volonté politique, et non
comme une entité naturelle ou comme le produit d'un héritage
inscrit dans les mœurs et les traditions.
Cette conception a trouvé une expression canonique dans la célèbre
conférence d'Ernest Renan en Sorbonne, le 11 mars 1882,
dans laquelle il définit la nation comme un « plébiscite de
tous les jours ».
- Le « travail de la nature » p. 102
- Ce que l'économie politique classique désigne comme « le
sol et le climat » ne se limite pas à envisager une surface
de sol plus ou moins fertile mais désigne un ensemble complexe de
dynamiques à la fois sociales, morales, chimiques et mécaniques.
L'économiste français le plus connu du XIXe siècle,
Jean-Baptiste Say, professeur d'économie politique du
Conservatoire des arts et métiers sous la Restauration, théorise
ainsi le « travail de la nature ».
- 4. Mobilisations énergétiques et choix du feu
- 5. Régulations environnementales : la dynamique industrialiste
- p. 161
- L'historiographie a souvent dépeint le XIXe siècle
comme celui du progrès, du triomphe de la machine toute-puissante,
du règne du fer et du charbon, sans prendre en compte son impact
environnemental.
[...] l'Histoire économique et sociale de la France,
dirigée par Fernand Braudel et Ernest Labrousse en 1976, [...]
ne consacre pas une ligne au sujet.
- p. 162
- Il est aujourd'hui possible de montrer comment s'est imposée une
progressive acceptation de l'emprise environnementale de la
première industrialisation de la France.
[Tout le chapitre porte sur la chimie]
- L'environnement en révolution, p. 168
- [...] la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen [...]
annonce le recours futur à la loi pour arbitrer la question des
nuisances : « La liberté consiste à pouvoir faire tout
ce qui ne nuit pas à autrui. Ainsi, l'exercice des droits naturels
de chaque homme n'a de bornes que celles qui assurent aux autres
membres de la société la jouissance des mêmes droits. Ces bornes
ne peuvent être déterminées que par la loi » (article 4).
- 6. Forcer la nature. Agriculture et environnement
- Soigner les plantes et les animaux, p. 231
- Les objections portent sur l'efficacité, le coût, la manque
possible de matière première, le mauvais goût qu'[un fongicide]
pourrait donner au vin, etc. mais jamais sur les effets
indésirables sur les sols ou l'environnement [...]
- 7. Aménager la nature. Les grands réseaux et le contrôle de l'espace
- 8. Les paysages, entre fascination et protection
- Conclusion
Histoire