Trahir par fidélité

Contre la fin du monde avec Alexander Grothendieck
Aurélien Barrau
Les Liens qui libèrent, 2026
Vers Grothendieck
Un peu de mathématiques
Trahison, p. 35
De l'anéantissement biologique global à la résurgence du fascisme, des brutalités coloniales aux invasions territoriales, la mort rode comme jamais.
CERN, p. 63
Le geste scientifique n'est pas en lui-même nocif [...]
« Rien d'important ne peut être prouvé. »
Beauté, p. 76
Si nous n'avions pas décrété — au moins implicitement — que les fusées sont plus belles que les étoiles, qu'une domination brutale est plus remarquable qu'un partage équitable, qu'un drone est plus gracieux qu'un oiseau et que le béton est plus élégant que la forêt, nous n'en serions pas là.
Technoscientisme, p. 96
Si prompts à se scandaliser des incommodités qui les touchent, mais si flegmatiques avec les monstruosités qui les épargnent.
p. 104
On ne combat pas le fascisme avec un alter-fascisme, mais avec la finesse insolente et irrévérencieuse d'une subtilité assumée.
p. 114
« Il ne suffit pas à un véhicule d'être pourvu d'un moteur puissant et d'être lancé à plein régime pour que son action soit bénéfique, il s'en faut de beaucoup ! Pour éviter les catastrophes, encore faut-il un conducteur. »
Guerre et impérialisme, p. 120
Césaire était très clair  « C'est bien l'extermination, le génocide même, qui est la logique normale de l'entreprise coloniale. Faire place nette, transformer en désert humain les territoires à occuper [...]
La guerre coloniale, c'est la guerre à l'état nu. »
Liberté, vérité et créativité
Domination
Retrait
Poétique
Ailleurs
Traîtrise
Conclusion, p. 249
Face au travail extraordinaire, ayant certainement changé le visage des mathématiques pour toujours, accompli par Grothendieck en seulement onze années à l'Institut des hautes études scientifiques, la question est encore sur toutes les lèvres : pourquoi est-il parti ? [...]
La question est probablement mal posée. Elle devrait être plutôt : pourquoi serait-il resté ?

Essais