Une société sans école

Ivan Illich, Deschooling Society, 1970, 1971
Traduit par Gérard Durand
Éditions du Seuil, 1971

1. Pourquoi il faut en finir avec l'institution scolaire

2. Phénoménologie de l'école

3. Le rite du progrès

L'âge scolaire, pp. 52-53
Sans y réfléchir, nous avons accepté l'idée qu'il existe des « enfants », et nous décidons qu'ils doivent aller à l'école, qu'ils sont soumis à nos directives, qu'ils n'ont pas de revenu personnel et ne peuvent en avoir. [...] Il nous faut considérer avec tolérance, sinon envie, leur conduite « enfatine ». [...] Nous oublions, ce faisant, que l'idée que nous nous faisons de l'enfance n'est apparue que récemment en Europe occidentale [...]

4. Analyse spectrale des institutions

p. 100
La production des automobiles est, bien entendu, inséparable de l'aménagement et du développement d'une infrastructure routière. L'examen du problème [...] devrait nous permettre [...] de parvenir à l'étude de l'archétype de l'institution de droite, c'est-à-dire l'école.

5. Logique de l'absurde

6. Les réseaux du savoir

Quatre réseaux, p. 137
Si nous entendons déscolariser, c'est par un renversement [des] méthodes qu'il faut commencer, en rendant accessible l'environnement physique et les ressources matérielles propres à l'éducation que l'on a avilies pour les mettre au service de l'enseignement. L'instruction doit partir d'un choix personnel. Utiliser les choses en les incluant dans un programme d'études a un effet peut-être plus nocif que de se contenter de les retirer de l'ensemble dont elles font partie. Cela conduit éventuellement à corrompre les réactions des élèves.
p. 140
Construire des routes modernes et acquérir des voitures, ne profite guère qu'aux riches et à leur employés, tandis que les pauvres demeurent prisonniers de leur village. Pour une somme d'environ cent vingt-cinq dollars, on pourrait disposer d'un de ces « mulets mécaniques » équipé, par exemple, d'un moteur simple et robuste de six chevaux ; une vitesse maximum de 25 à 30 km/h représenterait une performance suffisante ; il faudrait surtout qu'il puisse transporter des charges [...]
p. 144
Un garçon ou une fille de douze ans doit devenir un citoyen responsable en commençant de tenir un rôle, d'assumer des tâches dans la communauté.

7. Renaissance de l'homme épiméthéen

Appendice

Un choix à faire, p. 189
De générations en générations, nous nous sommes efforcés de parvenir à l'édification d'un monde meilleur et, pour ce faire, nous avons sans cesse développé la scolarité. Jusqu'à présent, l'entreprise s'est soldée par un échec. Et qu'avons-nous appris, si ce n'est que de contraindre les enfants à gravir l'escalier sans fin de l'éducation, qui loin de conduire à l'égalité, ne fait que favoriser celui qui part en avance sur les autres, ou qui se trouve en meilleure santé, ou bénéficie d'une meilleure préparation ?
Les influences occultes sur un marché de l'éducation, pp. 205-206
Deux mille ans avant J.-C. environ, il semble que l'empereur de Chine interrogeait ses administrateurs tous les trois ans. Au bout de trois fois, soit il leur donnait des responsabilités accrues, soit il les renvoyait à jamais. Quelques mille ans plus tard, le premier empereur Chang établissait un véritable examen pour ses fonctionnaires. Musique, tir à l'arc, équitation, calligraphie et arithmétique en constituaient les sujets imposés. [...]
Aucune école n'apparut en Chine avant l'époque des luttes avec les puissances européennes. Le cas de l'empire chinois est unique parmi les grandes nations, puisqu'il ne possédait ni Église officielle, ni système scolaire, mais il put pendant près de trois mille ans recruter son élite gouvernementale sans fonder une vaste aristocratie héréditaire.
Une pauvreté librement consentie, p. 218-219
Jeter à bas le mythe du « produit national brut » ne se conçoit pas sans s'attaquer en même temps à celui de « l'éducation nationale brute » (qui conduit à la capitalisation de la main-d'œuvre).

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