Superprofits : à travers le monde, les entreprises cotées multiplient des bénéfices record

Eric Albert, 10 mai 2026
Depuis vingt-cinq ans, le produit intérieur brut nominal des pays développés a progressé de 3,8 % par an ; dans le même temps, les bénéfices par action des entreprises cotées ont grimpé de 5,5 %. En clair, les grandes multinationales s’enrichissent beaucoup plus vite que l’ensemble de l’économie.
TotalEnergies : bénéfice net de 5,8 milliards de dollars (+51 % par rapport au premier trimestre 2025) ; Shell, 5,7 milliards (+18 %) ; BP, 3,8 milliards de dollars (multiplié par plus de cinq). Et ce n’est pas grand-chose par rapport aux géants de la tech : Alphabet, maison mère de Google, bénéfice net de 62,5 milliards (+81 %) ; Meta, 26,8 milliards (+61 %) ; Amazon, 30,2 milliards (+77 %).
En 2025 en France, les entreprises du CAC40 ont versé 107,5 milliards d’euros en dividendes ou en rachats d’actions, deux façons différentes de rémunérer les actionnaires.
Les investissements dans l’IA sont en passe d’atteindre 725 milliards de dollars à travers le monde cette année.
Les entreprises de grande consommation ou le secteur du luxe sont en berne, par exemple. Ce qui mène à un paradoxe : les Bourses s’envolent, mais la valorisation des entreprises – le prix de leur action par rapport à leurs bénéfices – baisse.
Au sein de l’Organisation de coopération et de développement économiques, 19 des 37 pays, dont la France, enregistrent aujourd’hui encore des salaires réels inférieurs à ceux de 2021, avant la guerre en Ukraine. En France, le taux de pauvreté est au plus haut depuis les années 1970.

Article,
Le Monde, 2026