Quelques lectures hilarantes de la disparition, mais aussi un article de Cause commune en 1973:
Dans notre précipitation à mesurer l'historique, le significatif, le révélateur, ne laissons pas de côté l'essentiel, le véritablement intolérable, le vraiment inadmissible, le scandale. Ce n'est pas le grisou, c'est le travail dans les mines, les malaises sociaux ne sont pas préoccupants en période de grève, ils sont intolérables 24 heures sur 24, 365 jours par an. Les raz de marée, les éruptions volcaniques, les tours qui s'écroulent, les incendies de forêt, les tunnels qui s'effondrent, Publicis qui brûle et Aranda qui parle, horrible, terrible, monstrueux, scandaleux, mais où est le scandale, le véritable scandale ? Le journal nous a-t-il dit autre chose que « soyez rassurés, vous voyez bien que la vie existe, avec ses hauts et ses bas, vous voyez bien qu'il se passe des choses ». Les journaux parlent de tout sauf du journalier. Les journaux m'ennuient. Ils ne m'apprennent rien. Ce qu'ils racontent ne m'intéresse pas, ne m'interroge pas, et ne répond pas davantage aux questions que je pose ou que je voudrais poser. Ce qui se passe vraiment, ce que nous vivons, le reste, tout le reste, où est-il ? Ce qui se passe chaque jour et qui revient chaque jour, le banal, le quotidien, l'évident, le commun, l'ordinaire, l'infra-ordinaire, le bruit de fond, l'habituel. Comment en rendre compte, comment l'interroger, comment le décrire ?